Rôle de l’épididyme dans le contrôle de la fertilité mâle | Fertilité, Spermatozoïde, Homme | Revue MSA
revue

Rôle de l’épididyme dans le contrôle de la fertilité mâle

Role of the epididymis in the control of male fertility

Dates

Mots clés

Summary

The testis produce immature spermatozoa, and it is in the epididymis that they acquire their fertilizing capacity. The epididymis is formed by a long convoluted tubule whose lumen is lined by a pseudo-stratified epithelium. A dense network of dendritic cells is also present on the basolateral side of the epithelium. Epithelial cells and dendritic cells contribute to forming the blood-epididymis barrier, which establishes a unique luminal environment conducive to the maturation, concentration, protection and storage of spermatozoa. This review article discusses selected aspects of transepithelial transport mechanisms and immunological processes in the epididymis, which all contribute to the establishment of male fertility.

Résumé

Les spermatozoïdes sont immatures à leur sortie des testicules, et c'est dans l'épididyme qu'ils acquièrent leur pouvoir fertilisant.  L'épididyme est formé d'un long tubule dont la lumière est tapissée d'un épithélium pseudo-stratifié composé de plusieurs types cellulaires et enveloppé d'un réseau de cellules dendritiques. Les cellules épithéliales et dendritiques établissent un milieu luminal favorisant la maturation, la concentration, la protection, la préservation et le stockage des spermatozoïdes. Cette revue fait état de nos connaissances actuelles sur le rôle clef joué par l'épididyme dans le maintien et la régulation de la fertilité mâle.

Article

Introduction

L’infertilité est un problème mondial croissant qui affecte maintenant de 10 à 20% des couples qui souhaitent fonder une famille [1-3]. Chez près de la moitié de ces couples, l'infertilité est causée par des problèmes d'origine masculine. L'établissement de la fertilité chez les hommes dépend de plusieurs facteurs, incluant la production de spermatozoïdes par les testicules et leur maturation dans le tractus reproducteur mâle. A leur sortie des testicules, les spermatozoïdes sont en effet immatures, et c'est en aval, dans l'épididyme, qu'ils vont acquérir leur pouvoir de fécondation. L'épididyme, qui coiffe le testicule, est formé d'un long tubule dans lequel les spermatozoïdes sont transportés pendant une période qui varie de 5 à 20 jours. Chez les rongeurs, ils sont stockés dans la partie distale de l'épididyme pendant ne période allant jusqu'à plusieurs mois sans être dégradés, et ils sont délivrés dans le canal déférent au moment de l'éjaculation (Figure 1).

L'infertilité masculine est causée soit par une production déficiente de spermatozoïdes ou d'androgènes (problème testiculaire), soit par une maturation ou un transport inadéquats (problème d'origine post-testiculaire). Ces déficiences post-testiculaires induisent la production de spermatozoïdes qui ont une faible mobilité les empêchant d'aller à la rencontre de l'ovule, et/ou un pouvoir fécondant affaibli [4, 5]. Ces fonctions cruciales sont acquises dans la lumière du tubule épididymaire [6-11]. L'épididyme est divisé en quatre régions distinctes qui ont chacune des morphologies et fonctions spécifiques: les segments initiaux (présents chez les rongeurs), caput, corpus et cauda (Figure 1).
Chez l'humain, les segments initiaux sont considérés absents, bien que la présence d'un segment comportant des caractéristiques morphologiques semblables à celles des segments initiaux de rongeurs ait été démontrée [7]. De plus, la cauda de l'épididyme humain est moins bien développée que dans l'épididyme de rongeurs, indiquant une fonction d'entreposage réduite chez l'homme [10, 12, 13]. La lumière épididymaire est tapissée d'un épithélium pseudo-stratifié composé de quatre types cellulaires : les cellules basales, étroites, claires et principales, dont la fonction est d'établir un milieu luminal optimal pour la maturation et conservation des spermatozoïdes [6-8, 14, 15]. De plus, notre laboratoire a récemment montré la présence de cellules de type dendritique formant un réseau intercellulaire qui enveloppe l'épithélium épididymaire [16]. Une autre fonction importante de l'épididyme est de protéger les spermatozoïdes du système immunitaire de l'homme tout en se protégeant lui-même des pathogènes externes. Les cellules dendritiques de l'épididyme sont des candidates de choix pour ces fonctions immunologiques complémentaires. Cette revue décrit comment les cellules épithéliales et dendritiques de l'épididyme travaillent ensemble pour établir un milieu favorable à la maturation, protection, concentration, et conservation des spermatozoïdes, processus qui sont déterminants pour l'établissement de la fertilité masculine. Les facteurs impliqués dans la régulation de la barrière hémato-épididymaire ne seront pas décrits ici, mais nous référons le lecteur à des revues publiées précédemment sur ce sujet [17, 18]. Il est important de noter que l'état actuel de nos connaissances a été acquis principalement grâce à la recherche faite sur les animaux de laboratoire. Or il existe des différences significatives entre l'épididyme humain et celui des rongeurs, ce qui limite parfois l'application de ces connaissances à une meilleure compréhension de la fertilité humaine. 

Processus acidifiants dans l'épididyme

Le liquide luminal de l'épididyme est maintenu à un pH acide de 6.6-6.8 et possède une faible concentration d'ions bicarbonate  [19, 20]. Ces facteurs contribuent à maintenir les spermatozoïdes dans un état de dormance pendant leur séjour dans l'épididyme [21]. En revanche, le fluide sécrété par les vésicules séminales et le système reproducteur féminin contient une concentration élevée de bicarbonate, ce qui contribue à activer les spermatozoïdes, un processus nommé capacitation. En effet, une enzyme directement activée par le bicarbonate, l'adenylate cyclase soluble (sAC), est présente dans les spermatozoïdes [22]. Cette enzyme catalyse la production d'AMP cyclique (cAMP), conduisant à la phosphorylation par la protéine kinase A de plusieurs protéines spermatiques essentielles à la capacitation [23].

L'importance de l'établissement d'un milieu acide dans la lumière épididymaire a été clairement démontrée dans des modèles animaux. En effet, l'inactivation des gènes c-ros et Foxi1 chez la souris conduit à l'infertilité mâle suite à l'établissement d'un pH trop alcalin dans le fluide luminal de l'épididyme [24-26]. Tandis que ces souris produisent un nombre suffisant de spermatozoïdes, ceux-ci ont une mobilité fonctionnelle et un pouvoir de fécondation affaiblis. Chez les hommes, des évidences secondaires indiquent le rôle d'un pH épididymaire acide dans l'établissement de la fertilité. Par exemple, certains facteurs environnementaux, tels la fumée de cigarette et les métaux lourds qui inhibent les processus acidifiants luminaux de l'épididyme [27, 28], réduisent également la fertilité masculine [29, 30].

Sécrétion de protons par les cellules étroites et claires

Le facteur de transcription Foxi1 est exprimé spécifiquement par les cellules étroites et claires de l'épididyme où il contrôle l'expression de la pompe à protons, V-ATPase [25]. Cette enzyme utilise l'énergie de l'ATP pour sécréter des protons à travers la membrane plasmique de cellules spécialisées, telles les cellules claires de l'épididyme, qui contribuent à acidifier le liquide luminal épididymaire [31, 32]. Ainsi, la V-ATPase est localisée dans le pôle apical des cellules claires (Figure 2; couleur verte).  La sécrétion de protons par les cellules claires est activée par une accumulation de la pompe V-ATPase dans la membrane plasmique, suite à la fusion de vésicules intracellulaires riches en V-ATPase avec la membrane apicale [8]. La sécrétion de protons par la V-ATPase dépend de plusieurs facteurs incluant le remodelage du cytosquelette [33, 34] et l'activation des voies de signalisation intracellulaires par la cAMP et le GMP cyclique (cGMP) [35, 36].

Ces processus de régulation dépendent d'une étroite collaboration entre les différents types cellulaires de l'épididyme. Une augmentation de la concentration de bicarbonate dans la lumière tubulaire active l'enzyme sAC qui est abondamment exprimée dans les cellules claires (Figure 3). La cAMP produite par sAC active à son tour la protéine kinase A induisant ainsi l'accumulation de la V-ATPase dans la membrane apicale par voie de recyclage des vésicules riches en V-ATPase, suivie d'une augmentation de la sécrétion de protons [37]. Il est intéressant de constater que sAC est en fait l'enzyme qui permet aux spermatozoïdes de s'activer au moment de l'éjaculation, mettant en lumière le rôle important des bicarbonates dans la régulation de la fertilité masculine. Dans la cauda de l'épididyme, les ions bicarbonate sont sécrétés dans le milieu luminal par les cellules principales lors de l'excitation sexuelle [38, 39]. Une augmentation transitoire de la concentration de bicarbonate dans la lumière épididymaire contribue à "pré-activer" les spermatozoïdes avant l'éjaculation. Il est toutefois essentiel que le milieu luminal réintègre ses paramètres de pH acide et de faible concentration de bicarbonate afin d'éviter que les spermatozoïdes n'épuisent leur réserve d'énergie pendant leur séjour dans l'épididyme. L'activation des cellules claires consécutive à la sécrétion de bicarbonate par les cellules principales est donc un processus essentiel à la préservation et la survie des spermatozoïdes épididymaires. D'autre part, la signalisation pas les voies du cGMP joue aussi un rôle important dans la régulation des cellules claires. Ce processus est le fruit d'une interaction étroite entre les spermatozoïdes, les cellules basales et les cellules claires [36] (Figure 3).
Bien que les cellules claires puissent être activées du côté apical par l'ANGII, ces cellules n'expriment aucun des récepteurs à l'ANGII [36]. Comment donc peuvent-elles être modulées par l'ANGII luminal? En cherchant la cible potentielle de l'ANGII, nous avons démontré une propriété nouvelle des cellules basales. Contrairement à ce que leur nom indique, ces cellules projettent de longues et étroites extensions cytoplasmiques vers la lumière de l'épididyme. Ces extensions peuvent traverser au besoin la barrière hémato-épididymaire formée par les cellules épithéliales. Le récepteur de l'ANGII de type II est exprimé par les cellules basales, leur permettant de détecter l'ANGII dans le milieu luminal. L'interaction de l'ANGII avec son récepteur induit la production de monoxyde d'azote (NO) dans les cellules basales, qui diffuse ensuite dans le compartiment extracellulaire pour atteindre les cellules claires où il active la guanylate cyclase. La génération de cGMP conduit à l'accumulation de la V-ATPase sur la membrane apicale et activation de la sécrétion de protons par les cellules claires. En somme, l'ensemble de ces résultats a mis en lumière un réseau de communication intercellulaire complexe impliquant les spermatozoïdes, les cellules basales et les cellules claires et permettant aux spermatozoïdes de "signaler leur présence" aux cellules claires, par l'intermédiaire des cellules basales, afin de maintenir le milieu acide favorable à leur conservation dans un état de quiescence.

Transport d'eau

Une autre fonction importante de l'épididyme est reliée au transport transépithélial d'eau [42]. Dans les parties proximales de l'épididyme - les segments initiaux et la caput - la réabsorption d'eau permet d'éliminer le surplus des sécrétions testiculaires et de concentrer les spermatozoïdes. La réabsorption d'eau permet également d'établir un milieu hypertonique dans la lumière épididymaire. Il est intéressant de constater que l'hypertonicité épididymaire varie beaucoup d'une espèce animale à l'autre (de 360 à 1500 mOsm) et atteint des niveaux plus élevés chez les espèces hibernantes. Ce facteur semble en effet contribuer à la conservation prolongée des spermatozoïdes pendant l'hibernation. Dans la partie distale - la cauda - où les spermatozoïdes sont conservés, une sécrétion d'eau permet de moduler la viscosité du milieu luminal épididymaire [43]. Le transport d'eau est effectué par les cellules principales qui expriment des protéines transmembranaires spécialisées, les aquaporines [42]. Celles-ci forment une famille de 13 protéines (AQP0-12) dont certaines sont sélectives à l'eau (AQP0,1,2,4,5,6 et 8) tandis que les AQP3,7,9 et 10 sont également perméables à certaines substances neutres, tel le glycérol. Les cellules principales de l'épididyme expriment fortement l'AQP9 dans leur membrane apicale (Figure 2; couleur rouge), et l'AQP7 dans leur membrane basolatérale [44]. Les AQP5 et 11 sont également présentes dans la membrane apicale de certaines cellules principales.  Dans les régions proximales de l'épididyme, le transport d'eau de la lumière vers le côté sanguin suit les mouvements de sodium, d'une manière similaire à la réabsorption d'eau par les reins. Dans la région distale, la sécrétion d'eau dépend de l'activité de la protéine CFTR (cystic fibrosis transmembrane conductance regulator) qui est responsable de la sécrétion d'ions chlore et bicarbonate. Plus récemment, nous avons démontré qu'une interaction entre CFTR et AQP9 contribue à la perméabilité de l'AQP9 [45]. Certaines mutations du gène cftr causent la mucoviscidose (aussi connue sous le nom de fibrose kystique), qui est caractérisée par une atteinte des voies respiratoires, digestives et reproductrices. La majorité des hommes porteurs de ces mutations sont infertiles suite à un dysfonctionnement de l'épididyme et du canal déférent [43], et des recherches actives seront nécessaires pour mieux comprendre les conséquences de cette maladie sur les fonctions reproductrices post-testiculaires.

Avancées récentes sur l'immunophysiologie de l'épididyme

Mieux comprendre la nature des interactions complexes entre l'épididyme et le système immunitaire est nécessaire à plusieurs titres. D'une part, les infections et inflammations du système reproducteur mâle représentent un problème de santé publique majeur puisqu’elles affectent la fertilité au moins transitoirement, et souvent de façon permanente. Si l’on estime que de 5 à 10% des cas expliqués d’infertilité masculine ont une origine immunologique (infection ou réaction auto-immune), un problème immunitaire pourrait également être à l'origine de nombreux cas d’infertilité classés "idiopathiques" [46, 47]. D'autre part, du point de vue fondamental, bien que l'immunité de l'épididyme semble très différente de celle du testicule, la plupart des données scientifiques disponibles à l'heure actuelle concernent ce dernier organe. Or les spermatozoïdes doivent être protégés contre les agressions venant de l’environnement extérieur et également contre une attaque par le système immunitaire tout au long de leur séjour dans le système reproducteur.

De nombreuses affections ont un impact négatif sur la fertilité masculine même si elles ne touchent pas directement les organes reproducteurs; la fertilité reflète le bien-être global des individus. Les médiateurs de l’inflammation, les cytokines et les composés libérés par les bactéries pathogènes ont la capacité de perturber à la fois la spermatogenèse et la fonction endocrine du testicule. En ce qui concerne l'épididyme, la pathologie la plus courante est l’épididymite [48], qui est généralement causée par une infection bactérienne transmise sexuellement. Remarquablement, l’incidence de l’épididymite est largement supérieure à celle de l’orchite, son pendant dans le testicule. D'une manière générale, l'épididyme développe plus facilement des réactions inflammatoires que le testicule. Les deux organes n’étant séparés que par les courts canaux efférents et donc atteints par les mêmes pathogènes, l’origine de cette différence de susceptibilité est vraisemblablement de nature immunologique [49, 50]. Ces différences sont aussi mises en évidence par des modèles expérimentaux d'orchite et d'épididymite auto-immune et de vasectomie chez les rongeurs [51, 52]. Le système reproducteur a mis en place de puissants mécanismes effecteurs de la défense innée (par exemple en produisant abondamment des peptides antimicrobiens) qui ne seront pas discutés dans cette revue. Contrairement au testicule dans lequel les allogreffes et les xénogreffes ne sont pas rejetées [53, 54], l'épididyme n'est généralement pas considéré comme un organe immunologiquement privilégié. Les spermatozoïdes sont auto-antigéniques, nombreux (chaque testicule humain produit 100 millions de spermatozoïdes chaque jour), et arrivent dans l'organisme longtemps après la mise en place de la tolérance immunitaire centrale [55]; leur survie dans le système reproducteur dépend donc d'un maintien constant de la tolérance périphérique. On pourrait considérer que la tolérance périphérique qui s'établit dans le testicule est suffisante pour assurer également la protection des spermatozoïdes tout au long de leur séjour dans l'environnement post-testiculaire. Cependant, les données publiées au cours des dernières années indiquent que l'épididyme est équipé pour jouer un rôle plus actif dans la maintenance immunologique de la fonction reproductrice, au-delà d'un simple rôle d'accessoire du testicule.

L’épididyme comme le testicule établissent une barrière épithéliale qui permet de séparer physiquement les cellules reproductrices du compartiment sanguin et de créer un microenvironnement optimal pour leur développement et leur maturation [17]. Cependant, il est largement admis que la barrière hémato-épididymaire n’est pas aussi efficace que la barrière hémato-testiculaire d'un point de vue immunologique. Dans les tubes séminifères, les cellules de Sertoli établissent un réseau complexe de jonctions serrées qui permettent d’isoler totalement les cellules reproductrices du système immunitaire, alors que la muqueuse de l’épididyme est plus perméable et permet donc à certaines cellules immunitaires de coloniser l'épithélium [56, 57]. Ainsi, des lymphocytes et des macrophages (souvent décrits sous le nom de "cellules en halo") ont été identifiés dans l’épithélium épididymaire dès les années 1970 [58-60] (Figure 4).

Nous avons récemment montré que l’épididyme de souris contient un dense réseau de phagocytes mononucléaires, principalement des cellules dendritiques et des macrophages [16]. La distinction entre cellules dendritiques et macrophages dans les tissus non-lymphoïdes est sujette à controverse, mais il est généralement admis que les cellules dendritiques sont spécialisées dans la présentation des antigènes aux cellules T naïves pour déclencher une réponse immunitaire adaptative ou maintenir un état de tolérance, alors que les macrophages ont pour fonction principale d’éliminer par phagocytose les débris cellulaires et les pathogènes [61-65]. La base du tubule épididymaire est peuplée sur toute sa longueur de nombreuses cellules d’aspect dendritique qui expriment CD11c (intégrine alpha X) et CX3CR1 (récepteur de la fractalkine), deux marqueurs fréquemment utilisés pour identifier les cellules dendritiques. Certaines de ces cellules avaient vraisemblablement été assimilées à des cellules basales exprimant des marqueurs macrophagiques [66-68], mais nos données récentes indiquent que les cellules dendritiques, comme les macrophages, bien que présentes à la base de l'épithélium, sont morphologiquement et phénotypiquement distinctes des cellules basales proprement dites (Figure 4). L’analyse de suspension de cellules épididymaires par cytométrie en flux a montré que l'épididyme contient en fait une population très hétérogène de phagocytes mononucléaires qui expriment de nombreux marqueurs retrouvés, dans d’autres organes, à la surface des macrophages et des cellules dendritiques (tels que CD11b, CD11c, CD103, F4/80 ou MHC class II). D'autre part, ces cellules dendritiques épididymaires présentent efficacement l'antigène OVA aux lymphocytes T CD4+ et CD8+ in vitro. Si l’hétérogénéité des phagocytes mononucléaires de l'épididyme n’est pas surprenante en soi, leur abondance et leur apparence dans les segments proximaux de l’épididyme sont plus intrigantes. Dans le segment initial, les cellules dendritiques projettent de nombreuses et fines extensions entre les cellules épithéliales en direction du compartiment luminal (Figure 5).

La fonction de ces dendrites dans le segment initial reste à élucider, mais il est raisonnable de penser que les phagocytes mononucléaires cherchent à établir un contact avec le contenu de la lumière tubulaire. Notre hypothèse de travail, renforcée par le fait qu'une sous-population de cellules dendritiques exprime CD103, est que ces cellules interviennent dans le maintien de la tolérance envers les spermatozoïdes. Cette possible fonction tolérogénique reste à démontrer, mais d'autres travaux récents indiquent que l'épididyme, au moins dans sa partie proximale, constitue un environnement immunosuppresseur. En effet, l'enzyme IDO (indoleamine 2,3-dioxigenase), qui contrôle le catabolisme du tryptophane et apparait comme un régulateur essentiel de la réponse immunitaire [69], est abondamment exprimée dans les segments proximaux de l'épididyme [70-72]. La fonction précise de l'IDO épididymaire reste également à déterminer, mais les souris dépourvues de IDO présentent un nombre élevé de spermatozoïdes anormaux, et les segments proximaux de leur épididyme accumulent des marqueurs de l'inflammation. D'une manière générale, le profil d'expression des cytokines immunorégulatrices, des facteurs de croissance et les voies de signalisation de l'épididyme sont assez peu documentés [73]; des molécules telles que TGFβ1 (transforming growth factor beta1) pourraient toutefois être synthétisées dans l'épithélium épididymaire [74].

En somme, les mécanismes qui régulent les réponses immunitaires dans l’épididyme sont encore mal connus et sûrement très complexes [52], mais il apparaît de plus en plus probable que les nombreuses cellules (macrophages, cellules dendritiques, lymphocytes et cellules épithéliales), les acteurs de la réponse innée, les cytokines et les médiateurs de l’inflammation agissent de concert pour créer, au moins dans les segments proximaux de l'épididyme, un environnement immunosuppresseur et tolérogénique. Les phagocytes de l'épididyme proximal et l'abondante enzyme IDO sont également idéalement positionnés pour permettre un "contrôle de qualité" des spermatozoïdes, possiblement en éliminant des spermatozoïdes anormaux au cours de leur maturation, même si l'existence de ce contrôle est sujette à controverse [75]. Afin que la meilleure compréhension de l'immunophysiologie de l'épididyme puisse se traduire un jour par des applications cliniques (comme l'immunocontraception), il est essentiel de disséquer in vivo la fonction de tous les acteurs de l'immunité décrits dans cet organe, qui constitue un modèle original et passionnant d'immunologie mucosale.

Conclusion

L'état actuel de nos connaissances a mis en évidence un réseau de communication intercellulaire complexe dans le tractus reproducteur mâle. Les différentes cellules épithéliales formant la barrière hémato-épididymaire et les cellules dendritiques enveloppant le tubule épididymaire travaillent d'une façon concertée afin d'établir et de maintenir un milieu luminal optimal à la maturation, concentration, conservation et stockage des spermatozoïdes. Tandis que l'épididyme joue un rôle primordial dans l'établissement et la régulation de la fertilité mâle, cet organe n'est étudié que dans peu de laboratoires à travers le monde. Il est nécessaire d'acquérir plus de données sur cet organe encore mal caractérisé afin de mieux comprendre les mécanismes cellulaires et moléculaires responsables du maintien et de la préservation de la fertilité mâle, une fonction cruciale qui est menacée mondialement.

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Légende

Figure 1: Schéma représentatif de l'épididyme de la souris et du rat, montrant les différents segments et illustrant les différents types de cellules épithéliales et les cellules dendritiques.

Figure 2: Double-marquage en immunofluorescence d'une coupe de la cauda de l'épididyme de rat.

Les cellules claires expriment la V-ATPase (couleur verte) dans leur pole apicale (flèches), et les cellules principales expriment l'aquaporine 9 (couleur rouge) sur leur membrane apicale. Les noyaux et spermatozoïdes sont colorés en bleu avec le marqueur de l'ADN, DAPI. Barre = 50 µm.

Figure 3: Schéma montrant les différents réseaux de communication entre les cellules principales, les cellules basales, les spermatozoïdes et les cellules claires.

Ces différents mécanismes jouent un rôle important dans l'activation de la sécrétion de protons par la V-ATPase qui est exprimée dans les cellules claires. V-ATPase: pompe à protons de type vacuolaire, CFTR: cystic fibrosis transmembrane conductance regulator, ANGII: angiotensine II, t-ACE: enzyme de conversion de l'angiotensine de type testiculaire, HCO3-: ion bicarbonate,  Cl-: ion chlore, NO: monoxyde d'azote, sGC: guanylate cyclase soluble, sAC: adenylate cyclase soluble, cGMP: GMP cyclique, cAMP: AMP cyclique. D'après Shum et al. Cell, 2008, et Shum et al. Journal of Andrology 2011.

Figure 4: Éléments de la régulation immunitaire dans la muqueuse de l'épididyme.

De nombreux acteurs potentiellement impliqués dans l’immunité de l’épididyme ont été décrits, mais leur origine, leurs fonctions et leurs interactions sont encore mal connues. Des cellules immunitaires (lymphocytes, cellules présentatrices d’antigènes) sont présentes au sein de l’épithélium et dans l’interstitium. Des mécanismes de transport transépithélial peuvent transférer du matériel antigénique et des anticorps de part et d’autre de la barrière hémato-épididymaire, qui est plus perméable que la barrière hémato-testiculaire. Les cellules dendritiques (CD) et les cellules basales sont idéalement positionnées pour prélever du contenu luminal grâce à leurs projections transépithéliales. En conjonction avec les cellules épithéliales, les cellules présentatrices d'antigènes peuvent interagir avec les cellules T, dans l'épididyme ou après avoir migré dans les ganglions lymphatiques, pour moduler les réponses immunitaires cellulaires. Enfin, l'épithélium exprime des molécules immunomodulatrices telles que IDO et TGFB1, qui pourraient être elles aussi impliquées dans la régulation de la balance tolérance / défense au cours de la maturation des spermatozoïdes. Les mécanismes de défense innée ne sont pas représentés. CD: cellule dendritique; Ig: immunoglobuline; IDO: indoleamine 2,3-dioxigenase; TGFβ1 : transforming growth factor beta1 D'après Hedger, Journal of Andrology, 2011

Figure 5: Section du tube épididymaire dans le segment initial d'une souris CD11c-EYFP. 

L'expression de la YFP (couleur verte), sous le contrôle du promoteur de CD11c, permet de visualiser les cellules dendritiques. Dans le segment initial, les cellules dendritiques sont localisées à la périphérie du tube et projettent des extensions entre les cellules épithéliales, en direction de la lumière où circulent les spermatozoïdes. La couleur rouge a été obtenue avec du bleu de Evans. Barre = 10 µm.

 

 

Figures et tableaux

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  • Figure-1-finale-pour-web
  • Figure-2-finale-pour-web
  • Figure-3-finale-pour-web
  • Figure-4-finale-pour-web
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